Remparts de Le quesnoy, vue aérienne - Photo : Samuel Dhote

Notre patrimoine fortifié

Terre frontalière donc terre de passages souvent convoitée, l’Avesnois a été au cœur des grands conflits qui ont émaillés l’histoire de France. La protection des hommes et des frontières a toujours été une préoccupation au fil des siècles, les méthodes pour y parvenir ayant changé en fonction des évolutions des armes utilisées où des techniques d’assiègement. Que de changements entre la forteresse médiévale et la citadelle à fortifications bastionnées. Toutefois, si les seigneurs devaient la protection à leurs sujets, ces derniers élaborèrent également des solutions de repli à des fins défensives, multipliant les éléments de fortification sur les édifices religieux. Le recul des frontières et le retour à la paix furent néfastes à la conservation des fortifications. Malgré tout, l’Avesnois possède encore un riche patrimoine fortifié dont certains éléments contribuent à la renommée de ce territoire.

Les édifices médiévaux

 Rendus obsolètes par l’évolution des techniques de fortifications ou détruits lors d’un conflit, les châteaux médiévaux sont rares en Avesnois. Ainsi, la motte féodale d’Ors où se trouvait la Malmaison, était jadis occupée par un vaste château dont aucun vestige ne subsiste en élévation. A Beaufort, Eclaibes et Saint-Waast-la-Vallée subsistent des vestiges significatifs des anciennes forteresses. Un seul château nous permet d’imaginer ce à quoi bien des châteaux médiévaux en Avesnois devaient ressembler : le château de Potelle. Il fut construit à la fin du XIIIe siècle dans la vallée de la Rhônelle. Toujours entouré de douves alimentées par plusieurs sources, le château se singularise par son plan polygonal et sa maçonnerie de grès. Quelques transformations et destructions n’ont que très peu porté atteinte à son caractère médiéval. Une chapelle complète cet ensemble pittoresque.

Les églises fortifiées

A l’instar de nombreuses zones frontalières souvent envahies, l’Avesnois a connu un mouvement de fortifications des églises dont quelques édifices ont conservé, jusqu’à nos jours, des éléments bien visibles. En effet, l’église était, dans la plupart des villages, le seul édifice édifié en maçonnerie alors que l’habitat, en bois, torchis et couvert de chaume, n’offrait qu’une protection dérisoire. L’église était donc un refuge idéal pour servir d’abri aux populations menacées. La fortification des églises remonte aux XVIe et XVIIe siècles.

Les églises de Féron, Floyon, Fontaine-au-Bois, Gommegnies, Neuville-en-Avesnois et Pommereuil offrent des éléments significatifs. Si a Neuville-en-Avesnois, l’église est pourvue d’échauguettes sur deux angles, à Féron, Floyon et Fontaine-au-Bois, c’est le clocher qui s’apparente plus à une tour fortifiée d’allure relativement massive.

Divers documents ou représentations anciennes montrent que de nombreuses autres églises possédaient jadis des parties fortifiées. Mais plus que l’église, c’est parfois le cimetière qui était entouré d’une fortification. Près de l’église de Forest-en-Cambrésis, une tour rappelle cet état de fait.

Les villes fortifiées

 Terre frontalière, le Hainaut se trouve au cœur d’enjeux politiques et économiques poussant les villes à se protéger par une ceinture de fortifications. Peu de vestiges des enceintes médiévales subsistent de nos jours si ce n’est au Quesnoy, les vestiges étant  désormais inclus dans l’enceinte bastionnée.

Le rattachement du Hainaut à la couronne française fut le point de départ d’une mise en défense de la frontière par l’établissement de deux lignes de villes fortifiées, le « Pré Carré » de Vauban portant le nom de l’ingénieur qui en était l’instigateur. Le Quesnoy et Maubeuge appartiennent à la première ligne alors qu’Avesnes-sur-Helpe et Landrecies se trouvent sur la deuxième ligne. La création du « Pré Carré » a des conséquences importantes sur la physionomie de ces villes par la mise en place d’une ceinture de fortifications composée de multiples ouvrages militaires dont le bastion, construction pentagonale multipliant les angles de tir, était la principale innovation. Demi-lune, ouvrage à corne, bastion détaché… Autant d’éléments qui s’intègrent dans un dispositif plus vaste que l’on peut encore découvrir en parcourant le circuit de découverte des remparts du Quesnoy, cette ville ayant échappé au démantèlement de sa ceinture fortifiée.

Des vestiges significatifs sont également visibles à Avesnes-sur-Helpe et Maubeuge alors qu’à Landrecies, seuls quelques éléments de courtines et casernes, qu’un itinéraire d’interprétation du patrimoine permet de découvrir, subsistent en élévation.

Emmanuel Cazier

Chargé de mission patrimoine bâti, habitat durable
emmanuel.cazier@parc-naturel-avesnois.com
Tél. : 03 27 14 90 89