Chapelle Monts de Baives - Photo : Marc Grzemski

Notre petit patrimoine religieux

Si l’image du bocage vient d’abord à l’esprit lorsque l’on évoque le Parc naturel régional de l’Avesnois, les chapelles et oratoires participent également à l’identité de ce territoire au point d’en être devenu un des emblèmes. Fruit d’une dévotion populaire spontanée, ces édicules, de dimension variable, ponctuent les bords des chemins et routes. Ils sont des points de repère importants pour les habitants de l’Avesnois.

Oratoires ou chapelles ?

La confusion règne souvent lorsqu’il faut déterminer les termes exacts désignant ces édifices religieux. Le terme « chapelle » est souvent utilisé pour désigner, aussi bien les oratoires, que les chapelles proprement dites, c’est-à-dire, un édifice muni d’un autel où l’officiant pouvait célébrer la messe à l’abri des intempéries.

Le phénomène s’inscrit dans une géographie plus large qui correspond à une partie importante de la province du Hainaut. En effet, le Hainaut wallon possède également de nombreux oratoires qui présentent de nombreux traits communs avec ceux de l’Avesnois. On en retrouve aussi, dans une moindre mesure, en Thiérache et dans le Cambrésis.

Oratoires et chapelles sont attestés dès le XVIe siècle mais sont probablement apparus dès l’époque médiévale. Le XVIIIe siècle fut une époque de construction intense, la Révolution Française ne marquant qu’une rupture temporaire car le XIXe siècle fut un siècle prolifique en termes de nouvelles constructions.

Les oratoires : diversité des formes, des dédicaces et des fonctions

Plus de 700 oratoires ont été recensés parmi les 138 communes du Parc naturel régionale de l’Avesnois. Elément le plus original du patrimoine religieux de l’Avesnois, l’oratoire se distingue par une grande diversité de formes allant du plan carré, rectangulaire, circulaire et parfois hexagonal ou octogonal. Si les formes sont nombreuses, le matériau utilisé lors de leur édification est principalement la pierre bleue.

La multiplicité des formes n’a d’égal que dans la diversité des dédicaces. Beaucoup d’oratoires furent édifiés après la contre-réforme et, dans cet esprit en réaction au protestantisme, les dédicaces à la Vierge sont les plus nombreuses. Les appellations insistent sur la nature secourable et protectrice de la Vierge (Notre-Dame de Bonsecours, de Consolation…) ou se rapportent à des sites de pèlerinage locaux ou plus lointains (Notre-Dame de Liesse, de Walcourt, de la Salette…). On dédie également à des saints auxquels on accorde un pouvoir de guérison et de protection (Saint-Etton, Saint-Ghislain, Saint-Roch…).

La dédicace reflète donc souvent la fonction originelle de l’oratoire. Lieu de demande ou de remerciements pour une faveur particulière (protection, guérison…) ou lieu constituant le but pour des requêtes pour la protection des récoltes. Certains se situent sur des chemins de processions, l’oratoire étant alors un lieu de station pour chanter des cantiques ou réciter des prières. Les oratoires jouaient donc un rôle important dans la vie spirituelle du monde rural.

Bien qu’ils soient répartis de manière assez uniforme sur l’ensemble du territoire de l’Avesnois, certaines communes en comportent un nombre significatif, Cartignies étant avec 42 oratoires, la commune en possédant le plus.

La piété sous toutes ses formes

Calvaires, chapelles et niches constituent les trois autres types de patrimoine religieux fréquents en Avesnois. Calvaires et chapelles sont fréquemment érigés notamment au croisement de deux voies ou dans les cimetières. Cependant, si de nombreux calvaires sont l’expression d’une foi collective, les chapelles sont plus souvent privées, étant construites en mémoire d’un défunt  ou affirmant une certaine position sociale.

Nombreuses mais plus discrètes, les niches sont des petites cavités pratiquées dans le mur des maisons. Si certaines font l’objet d’une mise en œuvre plus élaborée, beaucoup sont très simples d’aspect. Elles abritent l’effigie d’un saint protecteur ou de la Vierge dans le but de protéger la construction et ses habitants, humains ou animaux.

Pour en savoir plus :
– René Guirlinger/Jean-Noël Marissal,  » Oratoires et niches de pierre bleue de l’Avesnois, du Cambrésis et de la Thiérache de l’Aisne », Société archéologique et historique de l’arrondissement d’Avesnes, 1998.
– Henri Hecquet/André Pierrard, « Quand nos chapelles se souviennent, inventaire des 131 chapelles du canton de Solre-le-Château », Editions Patricia Carlier, 1991.

Le patrimoine religieux est présent sous d’autres formes

Thibault ROY

Assistant d’études patrimoine bâti
thibault.roy@parc-naturel-avesnois.com
Tél. : 03 27 14 90 83