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Le petit guide amphibien

L’amphibien est l’animal vertébré le plus ancien de la Terre. Bien qu’il passe la majeure partie de son existence sur la terre ferme, il a également la capacité de vivre dans l’eau, d’où son nom. Un cadeau de ses ancêtres les poissons, qui ont un jour décidé de s’aventurer sur terre et sont parvenus à s’y développer.

Selon leurs caractéristiques, les différentes espèces d’amphibiens s’inscrivent dans l’une des trois catégories suivantes :

les anoures dont la queue se résorbe pendant la métamorphose du têtard, comme la grenouille ou le crapaud.
– les urodèles que sont les tritons et autres salamandres qui au contraire, possèdent une queue une fois adultes.
– les apodes qui sont des amphibiens fouisseurs. Ils possèdent un corps allongé mais sont dépourvus de membres.

De la larve à l’adulte : un cycle de vie hors du commun

Triton-crete-femelle-foretAvec une espérance de vie qui varie entre 6 et 10 ans selon les espèces, le développement des amphibiens répond à un schéma bien particulier.

Partout où il y a de l’eau, nos amis amphibiens ne sont pas loin

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Leurs milieux naturels :

Pas besoin d’aller bien loin pour trouver une grenouille ou une salamandre. Les mares, les fossés ou encore les ornières forestières sont de formidables milieux de reproduction pour les amphibiens. Ces petites étendues d’eau ont en effet la particularité de chauffer rapidement, permettant un meilleur développement des larves. Cependant la cohabitation avec les poissons s’avère difficile, car ils sont de sérieux prédateurs pour les larves.

C’est d’ailleurs pour cette raison que les grenouilles et crapauds pondent une grande quantité d’œufs, pour assurer la survie d’un maximum de larves en cas de prédation ou d’assèchement des lieux de reproduction. Ce n’est toutefois pas le cas du triton. Préférant les cacher sous le pli d’une herbe pour ne pas attirer l’attention des prédateurs, il pond une moins grande quantité d’œufs. Il est donc déconseillé d’empoissonner les mares prairiales, afin de conserver des milieux de reproduction à l’abri du danger.

Gardiens de l’écosystème :

Les amphibiens ont un régime alimentaire très varié. Ils leur arrivent de consommer des petits poissons, des vers de terre et parfois même d’autres amphibiens. Mais ce sont les insectes qui restent leur principal repas. C’est pour cela qu’ils sont un maillon essentiel de l’écosystème, car ils participent à la régulation des populations d’insectes. Les têtards de certaines espèces de grenouilles, sont par ailleurs, détritivores et aident ainsi au recyclage de la matière organique.

Les milieux de vie des amphibiens menacés, comment agir ?

Il existe onze espèces d’amphibiens en Avesnois. Parmi les plus connues on peut citer la grenouille rousse, la grenouille verte, le crapaud commun ou encore le triton alpestre. La surface du territoire (130 000 ha) et des sites favorables à la reproduction (5 000 ha rien que pour les mares), ainsi que les fluctuations démographiques d’une année à l’autre ne permettent pas de déterminer le nombre exacte d’individus. Cependant ces populations sont en déclin notamment à cause de l’activité humaine, comme l’utilisation de pesticides ou la création de routes,  qui entraîne la disparition de leurs milieux naturels.

Ce que je peux faire :

– ne pas utiliser de produits phytosanitaires dans mon jardin
– laisser une végétation non tondue autour d’une mare si j’en possède une, pour permettre aux espèces de s’y réfugier
–  contacter les services du Parc naturel lorsque je constate de nombreux écrasements d’animaux sur une route, ou pour obtenir des conseils si je souhaite restaurer une mare

Les actions du Parc naturel :

mare-marc-grzemskiPlus de 1 000 mares ont été restaurées par le Parc naturel régional de l’Avesnois depuis 2000, grâce à des opérations menées auprès des agriculteurs, des collectivités et des particuliers. Une action de sauvegarde a également été mise en place dès 2007, afin de préserver une population d’amphibiens de la forêt de Mormal qui traverse une route très fréquentée. Le dispositif qui leur permet de traverser en toute sécurité a permis de sauver plus de 30 000 amphibiens.

Découvrez le monde des amphibiens à la Maison du Parc à Maroilles