Cigogne noire

La cigogne noire

Une cousine de la plus connue Cigogne blanche

Bien moins connue que la Cigogne blanche, la Cigogne noire, comme son nom le laisse présager, se distingue de sa cousine par une coloration noire de la tête, du dos, du cou et de la poitrine, avec (dans de bonnes conditions d’observation) des reflets métalliques verts ou violets.

Une espèce d’Europe centrale et orientale qui progresse vers l’ouest

En Europe, la Cigogne noire est assez largement répandue, avec néanmoins des concentrations de populations plus importantes dans l’est et le centre (2500 – 2700 couples en 1980), et, dans une moindre mesure, dans la péninsule ibérique (320 – 325 couples en 1990) [YEATMAN-BETHELOT & JARRY, 1994]. Ailleurs, cette espèce est très rare. Plus l’on progresse vers l’ouest de son aire de répartition, plus les effectifs sont réduits. En France, la population est estimée à une soixantaine de couples [P. BROSSAULT, comm. pers. 2011], la Bourgogne, le Centre et la Champagne-Ardenne sont les régions les plus prisées par l’espèce.

Une espèce d’intérêt patrimonial,…

La Cigogne noire (Ciconia nigra) est une espèce classée à l’annexe I de la directive « Oiseaux ». Par conséquent, il s’agit d’une espèce faisant l’objet de mesures de protection des individus et de conservation de leurs milieux de vie. Parmi ces mesures figure la création de Zones de Protection Spéciale (ZPS), sites Natura 2000 dédiés aux oiseaux.

…Qui niche dans l’Avesnois,…

La reproduction locale de la Cigogne noire est confirmée depuis l’an 2000. Un nid fut découvert par un agent de l’Office National des Forêts, lors de travaux sylvicoles. La reproduction de cette espèce emblématique en Avesnois (unique site de reproduction régional) fait partie des principaux arguments ayant justifié la création de la ZPS «Forêt, bocage et étangs de Thiérache », concernant la Fagne de Trélon. Depuis cette découverte, 2 à 5 couples de Cigognes noires nichent chaque année en Avesnois.

…Où elle trouve forêts, bocage et ruisseaux indispensables à sa présence

En France, l’habitat optimal de la Cigogne noire correspond à de grands massifs boisés à proximité de vallées humides, d’étangs et de ruisseaux [Fournier, 2001 ; GCnTAL, 2006]. Pour se reproduire, la Cigogne noire choisit un arbre imposant, souvent un chêne, dans une parcelle difficile d’accès, peu fréquentée. Pour se nourrir, la Cigogne noire pêche surtout dans les ruisseaux forestiers et les ornières, où elle trouve crapauds, grenouilles et poissons, dont elle est friande. Elle s’aventure également hors de la forêt, où elle sillonne les prairies, les ruisseaux et les plans d’eau peu profonds.

Son mets préféré est le chabot, petit poisson des cours d’eau rapides et peu profonds, à eaux fraîches et bien oxygénées et à fonds caillouteux (BRUSLE J. & QUIGNARD J-P., 2001). Une bonne qualité des cours d’eau est donc déterminante pour la présence de cette espèce.

Un oiseau discret et très sensible au dérangement

La Cigogne noire est une espèce très discrète et rarement expressive. Il s’agit d’un oiseau très sensible au dérangement, si celui-ci est prolongé, il peut entraîner l’abandon du nid.

Des actions pour la préservation de la Cigogne noire

L’Office National des Forêts (ONF) anime la déclinaison nationale du projet international « Cigognes sans frontières » . Ce réseau national associant de nombreux partenaires (l’association naturaliste belge « Solon », la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), le Centre régional de la propriété forestière (CRPF), le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) et diverses associations). Ce réseau a pour objectifs d’améliorer la connaissance scientifique de l’espèce, d’optimiser la capacité d’accueil des forêts et de sensibiliser le public.

Localement, dans la Zone de Protection Spéciale « Forêt, bocage et étangs de Thiérache », site Natura 2000 en faveur des oiseaux, le Syndicat mixte du Parc naturel régional de l’Avesnois et les acteurs locaux (élus, scientifiques, acteurs socio-économiques, naturalistes et autres usagers…) travaillent actuellement ensemble pour identifier les mesures les plus pertinentes à mettre en place pour garantir la présence de cette espèce dans l’Avesnois.

Fabien CHARLET

Assistant d’étude trame verte et bleue
fabien.charlet@parc-naturel-avesnois.com
Tél. : 03 27 77 51 67